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Se regarder à nouveau dans le miroir

Cheveux qui repoussent différemment, cicatrices, silhouette changée : apprivoiser son reflet prend du temps. Quelques pistes pour retrouver un regard plus doux sur soi.

Publié le · 4 min de lecture

À garder en têtePour la peau, les cicatrices et les cheveux, l'équipe soignante sait quels soins sont adaptés à votre situation. Demandez-lui avant d'essayer un nouveau produit.

Un reflet qu'on ne reconnaît pas toujours

Il y a ce moment, parfois, où l'on passe devant un miroir et où l'on ne se reconnaît pas tout à fait. Les cheveux qui repoussent n'ont pas la même texture, parfois pas la même couleur. Les sourcils et les cils reviennent lentement. Une cicatrice rappelle l'opération. Le poids a changé, dans un sens ou dans l'autre. La peau est plus sèche, le teint plus pâle.

Ces changements touchent bien plus que l'apparence. Ils rappellent la maladie, ils modifient la façon dont on se perçoit, dont on se sent regardé. Il est normal que cela prenne du temps pour s'y habituer, et qu'il y ait des jours où c'est plus difficile que d'autres.

Les cheveux qui reviennent

La repousse commence en général quelques semaines après la fin de la chimiothérapie, quand elle a entraîné une chute. Les premiers cheveux sont souvent plus fins, parfois frisés alors qu'on les avait raides, ou d'une teinte différente. Avec le temps, ils retrouvent souvent leur nature d'origine, mais pas toujours.

Pendant cette période, quelques gestes simples sont souvent conseillés : un shampoing doux, un séchage à l'air libre ou à température tiède, un peigne à dents larges. Pour les colorations, permanentes ou lissages, mieux vaut demander à l'équipe soignante quand on peut les envisager. L'Institut national du cancer propose des conseils sur les soins du corps et des cheveux, utiles aussi pour la période de repousse.

Certaines personnes gardent une perruque ou un foulard quelques mois de plus, le temps que les cheveux aient une longueur qui leur convienne. D'autres osent la coupe très courte. Il n'y a pas de bon choix, seulement celui avec lequel on se sent bien.

Les cicatrices

Une cicatrice peut être difficile à regarder, au début. Elle rappelle un moment douloureux. Avec le temps, elle s'affine et pâlit le plus souvent. En attendant, l'équipe soignante ou un kinésithérapeute peuvent conseiller des soins adaptés, comme des massages doux pour l'assouplir, une fois la cicatrisation terminée et avec leur accord.

Certaines personnes ont besoin de temps avant de pouvoir la toucher ou la regarder franchement. D'autres choisissent, plus tard, de la mettre en valeur d'une manière ou d'une autre. Là encore, chacun avance à son rythme.

Un corps qui a changé

Prise ou perte de poids, muscles fondus, silhouette transformée par une chirurgie : le corps peut sembler étranger. La tentation est grande de se comparer à la personne d'avant, sur les photos. Cette comparaison fait souvent plus de mal que de bien.

Une piste : plutôt que de regarder ce qui a changé, s'intéresser à ce que le corps permet aujourd'hui. Marcher jusqu'au parc. Porter un sac de courses. Danser dans la cuisine. Ce corps a traversé quelque chose de très dur, et il est encore là. Reprendre une activité physique douce, comme la marche quotidienne en petites étapes, aide souvent à se le réapproprier.

Les soins socio-esthétiques

Dans de nombreux hôpitaux et associations, des socio-esthéticiennes proposent des soins adaptés : conseils de maquillage pour redessiner des sourcils, soins du visage, conseils pour la peau fragilisée. Ces moments ne sont pas futiles. Ils permettent de se réconcilier avec son image, de prendre soin de soi dans un cadre bienveillant.

Ces soins sont souvent gratuits ou à petit prix, dans le cadre des soins de support. Il suffit souvent d'en faire la demande auprès de l'équipe soignante ou de l'association la plus proche.

Le regard des autres

Le regard des autres pèse aussi. Une remarque maladroite, un regard insistant, une question trop directe peuvent blesser. On n'a pas à se justifier. Une phrase toute prête peut aider : « Je préfère ne pas en parler aujourd'hui », ou au contraire « Oui, j'ai eu un cancer, ça va mieux maintenant ». À chacun de choisir ce qu'il partage.

Dans le couple, ces changements peuvent aussi modifier l'intimité. En parler, même maladroitement, vaut mieux que le silence. Des consultations spécialisées existent si le besoin s'en fait sentir.

Retrouver le plaisir de prendre soin de soi

Prendre soin de soi n'est pas un luxe. Une crème appliquée lentement, une tenue qu'on aime porter, un rouge à lèvres qu'on n'osait plus mettre : ces petits gestes redonnent du pouvoir sur son image. L'article sur la façon de s'habiller pour soi propose d'autres idées pour se sentir bien dans ses vêtements.

Le miroir finira par redevenir un allié. Pas forcément parce que tout sera redevenu comme avant, mais parce qu'on aura appris à regarder le reflet d'aujourd'hui avec plus de douceur.