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Activité physique adaptée : comment trouver la bonne porte

Ni sport de compétition, ni simple promenade : l'activité physique adaptée est encadrée par des professionnels formés. Ce qu'elle recouvre, qui peut la prescrire, et comment trouver une activité qui vous ressemble.

Publié le · 5 min de lecture

À garder en têteAvant de reprendre une activité, un mot au médecin permet de vérifier qu'aucune précaution particulière ne s'impose. Douleur, essoufflement inhabituel ou malaise : on s'arrête et on consulte.

Une activité pensée pour vous, pas l'inverse

Quand on parle de bouger après un cancer, beaucoup imaginent un club de sport, des machines, des inconnus en pleine forme. L'activité physique adaptée, souvent abrégée APA, part d'une autre logique : c'est l'activité qui s'ajuste à la personne, à son état du moment, à ses envies et à ses éventuelles limites.

Elle est encadrée par des professionnels formés pour cela, le plus souvent des enseignants en activité physique adaptée, des kinésithérapeutes ou des éducateurs sportifs ayant suivi une formation spécifique. Les séances peuvent se faire en petit groupe ou individuellement, en salle, dans l'eau ou en plein air.

L'Institut national du cancer présente les bénéfices de l'activité physique pendant et après la maladie : elle peut aider à mieux supporter la fatigue, à préserver la masse musculaire et à améliorer la qualité de vie. Rien de magique, mais un vrai appui, à construire avec ceux qui vous suivent.

Qui peut la prescrire ?

En France, le médecin peut prescrire une activité physique adaptée aux personnes atteintes d'une affection de longue durée, ce qui est le cas de nombreuses personnes après un cancer. La Haute Autorité de santé a publié un guide sur la consultation et la prescription d'activité physique, destiné aux médecins, qui décrit comment évaluer la condition physique et orienter vers le bon type de programme.

En pratique, il suffit souvent d'aborder le sujet lors d'une consultation : « J'aimerais reprendre une activité, est-ce que vous pouvez m'orienter ? » L'oncologue, le médecin traitant ou l'équipe de soins de support connaissent généralement les ressources locales. La prise en charge financière varie selon les structures : certaines séances sont gratuites, d'autres proposées par des associations à petit prix, d'autres encore partiellement remboursées par certaines mutuelles. Mieux vaut poser la question dès le départ.

Où pratiquer ?

Les lieux sont plus nombreux qu'on ne le pense :

  • Les services de soins de support des hôpitaux et des centres de lutte contre le cancer, qui proposent parfois des ateliers.
  • Les associations de patients, qui organisent des séances de marche nordique, de gym douce, d'aviron, de danse ou de natation.
  • Les maisons sport-santé, présentes dans de nombreux départements, qui accueillent et orientent.
  • Certains clubs sportifs labellisés, qui ont formé leurs éducateurs à l'accueil de personnes après une maladie.

Les comités départementaux de la Ligue contre le cancer sont aussi une bonne porte d'entrée pour connaître ce qui existe près de chez soi.

Comment choisir son activité

Le meilleur programme est celui qu'on a envie de suivre. Quelques questions aident à y voir plus clair :

  1. Est-ce que j'ai envie d'être en groupe, ou plutôt seul avec un encadrant ?
  2. Est-ce que je préfère l'intérieur, l'extérieur, l'eau ?
  3. Qu'est-ce qui m'a plu, autrefois, dans une activité physique ? Le rythme, la musique, la nature, l'effort ?
  4. Combien de temps et d'énergie puis-je raisonnablement y consacrer chaque semaine ?

Une personne qui aimait danser se sentira peut-être mieux dans un atelier de danse adaptée que dans une salle de renforcement musculaire. Une autre, qui a besoin de calme, préférera le yoga ou le tai-chi. L'aviron, la marche nordique, l'aquagym ont aussi leurs adeptes. Rien n'empêche d'essayer plusieurs choses avant de trouver la bonne.

La première séance

C'est souvent le moment le plus intimidant. Quelques repères pour le vivre plus sereinement :

  • L'encadrant commence en général par un temps d'échange et parfois quelques tests simples, pour adapter le contenu.
  • On a le droit de dire qu'on est fatigué, qu'un mouvement fait mal ou qu'on préfère s'arrêter.
  • Personne ne vous compare aux autres. Dans ces groupes, chacun vient avec son histoire.
  • Une tenue confortable et une bouteille d'eau suffisent la plupart du temps.

Beaucoup racontent que le plus précieux, au-delà de l'exercice lui-même, est le groupe. On y rencontre des personnes qui comprennent sans qu'il soit besoin d'expliquer. Pour ceux qui ne se sentent pas encore prêts pour une séance encadrée, une simple sortie à pied chaque jour reste une excellente façon de commencer.

Avancer sans se comparer

Il y aura des semaines où l'on progresse et d'autres où l'on stagne, voire où l'on recule. C'est normal. La reprise d'activité ne suit pas une ligne droite, surtout quand la fatigue s'en mêle. Les encadrants savent adapter les séances, et il ne faut pas hésiter à leur dire comment on se sent.

L'activité physique adaptée s'inscrit dans un ensemble : elle se combine bien avec une alimentation qui redonne de l'énergie, avec un sommeil qui se reconstruit, avec une organisation des journées plus douce. Pour garder une vue d'ensemble, notre article sur les premiers mois après la fin des traitements propose une sorte de feuille de route souple.

Et si, un jour, l'envie d'aller plus loin revient, randonnée, course douce, vélo, l'encadrant ou le médecin pourront vous aider à franchir ce cap en toute sécurité.

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